La Résistance en Yougoslavie
La Yougoslavie naquit à la fin de la Première Guerre mondiale.
On rattacha des territoires de l'Empire austro-hongrois démembré à la Serbie pour créer un royaume slave du Sud dans lequel les Serbes dominaient huit nationalités, dont les Croates constituaient la plus nombreuse et la plus remuante. Habitant la moitié occidentale du pays, les Croates étaient des catholiques, tandis que les Serbes, à l'est, étaient en majorité des chrétiens orthodoxes. Après l'invasion allemande et la victoire d'avril 1941, l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie récupérèrent certaines parties du territoire. La domination allemande ne put dissimuler la lutte fratricide que se livraient les différents " Yougoslaves " .
Une Croatie vaste et théoriquement indépendante fut confiée aux oustachis, un groupe séparatiste croate mené par Ante Pavelic, qui fit régner la terreur, principalement contre les juifs et les Serbes. La Serbie, sous contrôle allemand, était dirigée par le général fantoche Milan Nedic. Deux groupes de Résistance s'y opposaient : les Tchetniks, dirigés par le nationaliste serbe Draza Mihajlovic, et les partisans menés par le chef du Parti communiste illégal de Yougoslavie Tito (Josip Broz). Les partisans harcelaient les soldats allemands et italiens par des sabotages ou en s'emparant de villes, mobilisant ainsi un grand nombre de soldats ennemis. Dès qu'ils étaient en danger, ils se réfugiaient dans les montagnes.
Dès le début, ils mirent en place un système de gouvernement local dans les régions qu'ils libérèrent. Cela leur attira l'hostilité des
Tchetniks, représentant le gouvernement royal en exil, qui jugeraient les partisans aussi néfastes que l'envahisseur; il en résulta une guerre civile
particulièrement bestiale et brutale. Pensant que les actions de guérilla anti-allemandes étaient de l'initiative des Tchetniks, les Alliés leur
envoyèrent de l'aide dans l'espoir que Mihajlovic ferait l'union des mouvements d'opposition à l'occupant allemand. Ce n'est qu'en 1943 qu'ils choisirent d'aider Tito, jugé plus efficace tandis qu'ils reprochaient à Mihajlovic de faire le jeu des Allemands. Quand l'Italie changea de camp en septembre 1943, les partisans de Tito prouvèrent leur force en s'emparant du territoire yougoslave occupé par l'Italie et des armes de ses soldats.
Leurs 250 000 hommes contrôlaient la plus grande partie du nord-est de la Yougoslavie et, en 1944, ils lancèrent l'offensive contre les Allemands qu'ils assiégèrent dans plusieurs garnisons. Le 20 octobre 1944, Belgrade tomba aux mains des partisans. La Yougoslavie fut le seul des pays occupés à être libéré par ses propres forces. Le prestige et la popularité de Tito lui permirent de régner sur le pays pendant plus de trente ans après la guerre.